L'histoire pourrait
débuter comme ça :
« Quoi ??? Mais qu'est-ce que tu vas foutre à Jérusalem ??? Et les Kalachnikovs ?? Tu y as pensé aux Kalachnikovs ?? » (
NB : dixit mes fréquentations douteuses...)
Et elle
débute comme ça.
L'histoire pourrait
terminer ainsi :
« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. » Mais elle
ne termine pas ainsi. Enfin si, mais pas pour moi.
Je m'explique ...
L'HISTOIRE
DE CAMILLE
A JERUSALEM
(en exclusivité)
Nous sommes
jeudi 17 mai, et je pars pour
Jérusalem.
A mon arrivée, mon
optimisme et moi-même comprenons que l'homme plutôt
louche d'à côté de moi n'a pas détourné l'avion, parce que le
paradis serait assez flippant si c'était un
aéroport...
Dès le premier jour, je me fais
remarquer. C'est un
principe chez moi. Tu vois, ça laisse des
souvenirs aux gens.
Nous faisons donc notre petite visite de
touristes (
NB : je parle souvent des
touristes, c'est normal, ils ont tellement l'air
abruti que... je ne peux pas m'en empêcher parce que j'en suis une... laisse tomber, tu peux pas comprendre.),
appareil photo en main et
lunettes de soleil sur les yeux (ça laisse toujours une petite trace fashion sur ta peau), sous la légère
température de 35°C. Nous nous dirigeons, innocemment, vers le mythique
mur des lamentations (
NB : si tu veux avoir la classe, tu peux dire « der Mauer of die lamentaycheune ».), tranquilou c'est les vacances, ressors ta
casquette à fleur et ton
Tee-shirt Bob l'éponge.
Sauf que, une fois là-bas, ce n'est pas exactement comme je l'avais imaginé... Une petite centaine de militaires
kalachnikovés (CA, c'est la classe), un petit millier de personnes qui font leur
prière du matin, d'autres qui
pleurent contrent le mur... De quoi faire peur au torride
Navarro, mais pas à moi, je suis
vaillante. La tête haute, je reste digne, jusqu'à ce que... Une
religieuse tout de noir vêtue vienne me faire un scandale parce que je n'ai rien sur les épaules (
NB : j'ai d'abord pensé qu'elle me disait bonjour selon un
rituel ancestral, mais au moment où elle a pointé du doigt mes épaules et mon top gris, je me suis dit que le
rituel et les
ancêtres étaient bizarres...)... Reste digne, Camille, la tête haute...
Plus tard, dans l'après midi, nous allons au
souk (Oui, oui, le
souk, le truc ou tu t'imagines un
abrutosor sur son
dromadaire qui chante la
Hanoukka comme dans le film sur
Anne Frank avec des
pompons plein les cheveux et qui crie par moment «
pas chel pas chel, achète » ...). Motivation à la
Totally Spies, nous admirons les boutiques (
NB :l'
abrutosor sur son
dromadaire n'est pas là, personne ne chante la
Hanoukka comme
Anne Frank, en revanche ils crient tous «
pas chel pas chel, achète ». Tout va bien, un seul petit
point noir, une minuscule
ombre au tableau, pas grand-chose du tout, pas de quoi s'affoler, c'est juste que... Ca fait une demi heure que nous cherchons l'
hôtel...
«
Papa, t'es sûr du chemin, là ??
Bah évidemment, pour qui tu me prends ?? Regarde, là on prend à gauche, et puis la on va tout droit et c'est...
Merde.
Oups.On fait comment là ?
T'inquiètes paaaas. En fait je me souviens ! Il faut continuer tout droit, et puis après tu tournes à l'angle ici, et...
Re-merde. »
... Rajoutez encore vingt minutes de conversation comme ça et vous êtes face à l'hôtel... Je suis bien tout va bien, je suis gaie tout me plait...
Nous avons pu assister au
mariage, celui qui fait dire aux
vendeurs de colliers :
« Ah le
maliage de
Murad ? Oui, oui, c'est un ami du beau flèle au cousin à moi. J'y selé j'y selé. Tou me l'achète alols ce collier ? »
Ce
mariage qui nous fait prendre le bus. Ce
mariage qui nous sépare de l'hôtel par un mur. Un mur contrôlé...
Et comme par hasard, au retour dudit
mariage, dans notre
bubus de
touristes, nous pouvons entendre retentir :
«
Sortez les passeports, contrôle ! »
Et comme par hasard, c'est mon
papa qui a mon
passeport et qui est resté au
mariage...
C'est dans ces moments là qu'on se dit que nos
parents nous en veulent, que c'est une
vengeance personnelle ou une tentative d'
attaque terroriste...
Mais bon, des
français qui viennent au
mariage de l'ami du beau frère au cousin des vendeurs de colliers, ça fait toujours bonne impression. J'ai survécu, je ne me suis pas faite
kalachnikovée, le
plan terroriste a échoué.
Et le lendemain, lors de la visite de la
mer morte, personne ne s'est noyé, au
soulagement général (
NB : un
cadavre tout salé offre l'avantage de
flotter. On peut ainsi instaurer un système de
moteur de bateau attaché aux
pieds, qui ferait rentrer le cadavre tout seul
via la mer chez lui, non ?).
Le
voyage passe trop vite, tout le monde rentre chez lui (un dernier petit
Nota Bene pour la forme :
NB : cette fois-ci dans l'
avion, l'homme plutôt louche à côté de moi étant mon
papa, il y a du soucis à se faire ...).
photo du mur des lamentations, militaires armés impossibles à voir car à droite de la photo